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Blog · Risques

Ambiances thermiques au travail et DUERP (2026)

RisquesPublié le 30 juin 2026· Mis à jour le 3 juillet 2026· 8 min de lecture

Chaud ou froid, les ambiances thermiques sont un risque à évaluer dans le DUERP. Mesures, plan canicule et nouveau décret chaleur de 2025 : ce qu'attend la loi.

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L'essentiel

Les ambiances thermiques comptent parmi les risques à évaluer dans le DUERP (art. R. 4121-1). Le travail à la chaleur comme le travail au froid exigent des mesures adaptées. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a renforcé les obligations de l'employeur en cas d'épisode de chaleur intense, applicables depuis le 1er juillet 2025.

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Sommaire

  1. 1.Les ambiances thermiques doivent-elles figurer au DUERP ?
  2. 2.Chaud ou froid : quels risques et quelles mesures ?
  3. 3.Que change le décret « chaleur » de 2025 ?
  4. 4.Que faire en cas de coup de chaleur ?
  5. 5.Le froid mérite-t-il autant d'attention ?
  6. 6.Quels sont les facteurs aggravants ?
  7. 7.Comment coter et suivre le risque thermique ?
  8. 8.Quels métiers sont les plus exposés ?
  9. 9.Comment associer les acteurs de la prévention ?
  10. 10.Par où commencer ?

Travailler dans un entrepôt frigorifique en hiver ou sur un chantier en pleine canicule expose à des risques bien réels. Les ambiances thermiques — chaud comme froid — figurent parmi les risques que le DUERP doit prendre en compte. Depuis 2025, la réglementation sur la chaleur s'est même sensiblement renforcée.

Les ambiances thermiques doivent-elles figurer au DUERP ?

Oui. Le Document Unique doit transcrire le résultat de l'évaluation de l'ensemble des risques, y compris les ambiances thermiques (art. R. 4121-1 du Code du travail). Ce risque est trop souvent négligé alors qu'il peut avoir des conséquences graves : coup de chaleur, déshydratation, hypothermie, mais aussi baisse de vigilance à l'origine d'accidents et d'erreurs.

L'évaluation se fait, comme toujours, par unité de travail : un cariste en chambre froide, un couvreur en été et un agent de bureau ne sont pas exposés de la même manière.

Chaud ou froid : quels risques et quelles mesures ?

Les deux extrêmes appellent des réponses différentes. Le tableau ci-dessous les met en regard.

AspectTravail à la chaleurTravail au froid
Effets sur la santéCoup de chaleur, déshydratation, crampes, malaiseHypothermie, engelures, perte de dextérité
Situations typesBTP, fonderie, cuisine, travail en extérieur l'étéAgroalimentaire, chambres froides, travail extérieur l'hiver
Mesures d'organisationAdapter horaires, pauses à l'ombre, rotation, report des tâches lourdesLimiter la durée d'exposition, pauses en zone tempérée
Mesures techniquesVentilation, points d'eau fraîche, zones ombragéesChauffage des zones de pause, aménagement des postes
Protection individuelleVêtements légers et couvrants, protection solaireVêtements chauds adaptés, gants, sous-couches techniques
HydratationEau potable fraîche à disposition en quantitéBoissons chaudes, hydratation maintenue

Que change le décret « chaleur » de 2025 ?

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025, a introduit dans le Code du travail des obligations renforcées face aux épisodes de chaleur intense. L'employeur doit désormais évaluer spécifiquement ce risque, l'intégrer au DUERP et prévoir des mesures adaptées lorsque des seuils de vigilance sont atteints. Voici les réflexes attendus.

  1. Identifier les postes et unités de travail exposés à la chaleur (extérieur, sources de chaleur, effort physique).
  2. Évaluer le risque dans le DUERP et définir des seuils d'action, en tenant compte des épisodes de vigilance météorologique.
  3. Mettre à disposition de l'eau potable fraîche et aménager des zones de repos tempérées.
  4. Adapter l'organisation : horaires décalés, pauses supplémentaires, report ou allègement des tâches les plus pénibles.
  5. Informer et former les salariés et l'encadrement au repérage des signes d'alerte (malaise, confusion, arrêt de la transpiration).
  6. Prévoir la conduite à tenir en cas de coup de chaleur et les modalités d'alerte des secours.

Ces obligations s'articulent avec le plan national canicule et les vigilances de Météo-France. L'objectif est d'anticiper plutôt que de réagir dans l'urgence.

Que faire en cas de coup de chaleur ?

Le coup de chaleur est une urgence vitale. Les gestes de premiers secours doivent être connus de l'encadrement :

  1. Alerter les secours (15 ou 112) sans délai ;
  2. Mettre la personne à l'ombre, dans un endroit frais et ventilé ;
  3. Refroidir le corps (linges humides, aération) ;
  4. Faire boire si la personne est consciente ;
  5. Surveiller en continu jusqu'à l'arrivée des secours.

La rapidité de réaction conditionne le pronostic : c'est pourquoi la formation des équipes fait partie intégrante de la prévention.

Le froid mérite-t-il autant d'attention ?

Oui, il est souvent sous-estimé. Le travail au froid — chambres froides, agroalimentaire, secteurs exposés en hiver — provoque hypothermie, engelures et surtout une perte de dextérité et de vigilance génératrice d'accidents. Les mesures clés : limiter la durée d'exposition, prévoir des zones de réchauffement, fournir des vêtements adaptés et rester attentif au risque de chute sur sols glissants ou verglacés.

Quels sont les facteurs aggravants ?

Le même environnement thermique n'affecte pas tout le monde de la même façon. Sont notamment aggravants : l'effort physique intense, le port d'équipements imperméables limitant l'évaporation de la sueur, l'absence d'acclimatation en début de saison, ainsi que certaines pathologies ou traitements médicaux. Ces situations justifient une vigilance renforcée et, parfois, un avis du médecin du travail.

Comment coter et suivre le risque thermique ?

Le risque thermique se cote comme les autres, en croisant la gravité (du simple inconfort au coup de chaleur mortel) et la fréquence ou la durée d'exposition. Il évolue avec les saisons : un DUERP pertinent prévoit des mesures saisonnières et se met à jour à l'approche de l'été comme de l'hiver.

Quels métiers sont les plus exposés ?

Le risque thermique touche de nombreux secteurs. À la chaleur : le BTP, la couverture, l'asphaltage, la fonderie, la boulangerie, les cuisines de restauration, la blanchisserie, l'agriculture et, plus largement, tout travail en extérieur l'été. Au froid : l'agroalimentaire, la logistique du frais, les chambres froides, la grande distribution et les métiers exercés dehors en hiver. Même le tertiaire n'est pas épargné : des bureaux mal isolés ou surchauffés créent un inconfort qui nuit à la concentration. Chaque situation appelle une évaluation par unité de travail, car l'exposition varie fortement d'un poste à l'autre.

Comment associer les acteurs de la prévention ?

Le CSE doit être associé à l'évaluation du risque thermique et informé des mesures prévues, en particulier lors des épisodes de chaleur. Le médecin du travail apporte un éclairage sur les salariés vulnérables et peut recommander des aménagements individuels. Il est également utile de désigner, en période à risque, un référent chargé de suivre la vigilance météorologique et de déclencher les mesures inscrites au plan d'action. Anticiper l'organisation évite d'improviser au plus fort de la canicule, quand la réactivité fait défaut.

Un droit de retrait est-il possible ?

En cas de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, un salarié peut exercer son droit de retrait (art. L. 4131-1 du Code du travail). Une chaleur extrême non maîtrisée, sans aucune mesure de protection, peut selon les circonstances relever de ce cadre. La meilleure réponse reste toutefois d'anticiper : un DUERP à jour et des mesures effectives permettent de ne jamais en arriver là.

Ne pas négliger l'hydratation

La mise à disposition d'eau potable et fraîche est une obligation (art. R. 4225-2 et suivants du Code du travail) et le premier réflexe de prévention face à la chaleur. Rappeler régulièrement aux équipes de s'hydrater, avant même la sensation de soif, réduit nettement le risque de malaise et de coup de chaleur. Ce geste simple, inscrit dans les consignes, complète utilement les mesures d'organisation et techniques.

Par où commencer ?

Intégrez les ambiances thermiques à un DUERP structuré et à jour. Générez votre DUERP et évaluez votre niveau de préparation avec le calculateur de conformité. Pour le cadre d'ensemble, consultez le guide complet du DUERP.

Sources

  • Code du travail, art. R. 4121-1 et R. 4225-2 (eau potable) — code.travail.gouv.fr
  • Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la prévention des risques liés à la chaleur — legifrance.gouv.fr
  • INRS — Travail à la chaleur et au froid — inrs.fr
  • Ministère du Travail — Fortes chaleurs et canicule au travail — travail-emploi.gouv.fr

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Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Les ambiances thermiques doivent-elles figurer au DUERP ?
Oui. Les ambiances thermiques comptent parmi les risques que le Document Unique doit prendre en compte (art. R. 4121-1 du Code du travail). L'évaluation se fait par unité de travail, car l'exposition d'un cariste en chambre froide diffère de celle d'un couvreur en été.
Qu'a changé le décret chaleur de 2025 ?
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025, renforce les obligations de l'employeur face aux épisodes de chaleur intense : évaluation spécifique dans le DUERP, mise à disposition d'eau fraîche, aménagement de l'organisation et information des salariés.
Quelles mesures contre le travail à la chaleur ?
Il faut adapter les horaires, multiplier les pauses en zone fraîche, reporter ou alléger les tâches pénibles, assurer une ventilation et des points d'eau potable fraîche, fournir des protections adaptées et former l'encadrement au repérage des signes de coup de chaleur.
Le froid est-il aussi un risque professionnel ?
Oui. Le travail au froid (chambres froides, agroalimentaire, extérieur en hiver) expose à l'hypothermie, aux engelures et à une perte de dextérité génératrice d'accidents. Il exige de limiter la durée d'exposition, d'aménager des zones tempérées et de fournir des vêtements adaptés.
Existe-t-il une température maximale de travail légale ?
Le Code du travail ne fixe pas de température maximale chiffrée universelle. Il impose en revanche d'évaluer le risque, de mettre de l'eau potable à disposition et, depuis le décret de 2025, de prendre des mesures adaptées lors des épisodes de chaleur intense signalés par la vigilance.
Comment coter le risque thermique dans le DUERP ?
On croise la gravité potentielle (de l'inconfort au coup de chaleur mortel) et la fréquence ou la durée d'exposition, par unité de travail. Comme ce risque varie avec les saisons, le DUERP doit prévoir des mesures saisonnières et être mis à jour à l'approche de l'été et de l'hiver.

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Mis à jour le 3 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr

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