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Blog · Méthode

Cotation des risques DUERP : gravité × fréquence (2026)

MéthodePublié le 21 juin 2026· Mis à jour le 3 juillet 2026· 8 min de lecture

Comment coter les risques du DUERP : la méthode gravité × fréquence, des échelles de 1 à 4, une matrice de criticité et des niveaux de priorité clairs.

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L'essentiel

— La cotation n'a de valeur que si vos échelles sont écrites, cohérentes et reproductibles. Un même risque doit être coté de la même façon d'une année sur l'autre. La cotation ne classe pas des dangers dans l'absolu : elle sert à décider quoi traiter en priorité dans le plan d'action.

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Sommaire

  1. 1.Pourquoi coter les risques ?
  2. 2.Comment définir les échelles de gravité et de fréquence ?
  3. 3.Comment lire la matrice de criticité ?
  4. 4.Comment coter concrètement, étape par étape ?
  5. 5.Quelles erreurs de cotation éviter ?
  6. 6.Cotation à deux ou trois facteurs : que choisir ?
  7. 7.Comment articuler cotation et plan d'action ?

Coter les risques du DUERP, c'est attribuer à chaque danger un niveau de criticité pour hiérarchiser les actions. La méthode la plus répandue croise la gravité des dommages potentiels et la fréquence (ou probabilité) d'exposition, chacune notée de 1 à 4. Le produit gravité × fréquence classe les risques du plus au moins prioritaire. Cette méthode est usuelle mais n'est pas imposée par la loi.

Pourquoi coter les risques ?

L'inventaire des risques, réalisé par unité de travail, peut compter des dizaines de lignes. La cotation permet de les hiérarchiser : on ne peut pas tout traiter en même temps, il faut concentrer les moyens là où le danger est le plus élevé. C'est le pont entre l'évaluation et le plan d'action (PAPRIPACT). Le Code du travail impose d'évaluer les risques (article R. 4121-1) sans dicter de formule ; il vous appartient de choisir une méthode traçable et cohérente.

Comment définir les échelles de gravité et de fréquence ?

Deux échelles suffisent pour une TPE-PME. L'important est de décrire chaque niveau par des repères concrets, pour que deux évaluateurs aboutissent au même résultat.

NiveauGravité (dommage potentiel)Fréquence (exposition)
1 — FaibleGêne, soin bénin sans arrêtRare / exceptionnelle
2 — MoyenAccident avec arrêt court, sans séquelleOccasionnelle (quelques fois/mois)
3 — GraveAccident avec séquelles, incapacité partielleFréquente (hebdomadaire à quotidienne)
4 — Très graveIncapacité permanente ou décèsPermanente (à chaque tâche)

Vous pouvez enrichir le modèle avec un troisième facteur (maîtrise ou moyens de prévention existants), mais deux facteurs restent le standard le plus lisible pour une petite structure.

Comment lire la matrice de criticité ?

La criticité est le produit gravité × fréquence. Sur des échelles de 1 à 4, elle varie de 1 à 16. La matrice ci-dessous croise les deux axes : chaque case donne la valeur et le niveau de priorité associé.

Gravité ↓ / Fréquence →1 Rare2 Occas.3 Fréq.4 Perm.
4 Très grave481216
3 Grave36912
2 Moyen2468
1 Faible1234

À partir de ces valeurs, on définit des seuils de priorité. Un découpage courant :

CriticitéNiveau de prioritéAction attendue
1 à 3FaibleRisque maîtrisé, à surveiller lors des mises à jour
4 à 8MoyenMesures à planifier à moyen terme
9 à 12ÉlevéActions prioritaires, échéance rapprochée
13 à 16CritiqueTraitement immédiat, mesures conservatoires

Ces seuils sont indicatifs : adaptez-les à votre activité. Un risque coté « critique » peut justifier des mesures conservatoires immédiates avant même la finalisation du DUERP.

Comment coter concrètement, étape par étape ?

  1. Décrire le risque précisément (danger, situation, dommage possible) dans l'unité concernée.
  2. Évaluer la gravité du dommage le plus probable, en tenant compte des mesures déjà en place.
  3. Évaluer la fréquence d'exposition réelle des salariés à ce danger.
  4. Multiplier gravité × fréquence pour obtenir la criticité.
  5. Classer le risque dans un niveau de priorité et en déduire l'urgence de l'action.
  6. Tracer la justification pour pouvoir reproduire et défendre la cotation.

Notre calculateur de cotation applique cette logique automatiquement, et l'exemple de DUERP rempli montre le résultat ligne par ligne.

Quelles erreurs de cotation éviter ?

Coter le danger sans les mesures existantes

La cotation doit tenir compte de la prévention déjà en place (protection collective, EPI, procédures). Un même danger peut être critique sans mesure et faible avec.

Confondre gravité et fréquence

Un risque très grave mais rare (criticité 4) n'appelle pas forcément la même réponse qu'un risque moyen mais permanent (criticité 8). C'est tout l'intérêt du produit.

Oublier de re-coter après une mesure

Une fois une mesure mise en œuvre, la criticité résiduelle doit être réévaluée lors de la mise à jour du DUERP. La cotation vit avec le plan d'action.

Pour une cotation fiable sans construire vos grilles à la main, générez votre DUERP en ligne : les risques métier sont pré-cotés et vous n'ajustez que les cas particuliers.

Cotation à deux ou trois facteurs : que choisir ?

La cotation gravité × fréquence à deux facteurs est la plus lisible et convient à la grande majorité des TPE-PME. Certaines entreprises ajoutent un troisième facteur pour affiner l'analyse :

  • la maîtrise ou la qualité des moyens de prévention déjà en place ;
  • la probabilité de survenance distincte de la fréquence d'exposition ;
  • le nombre de salariés exposés, utile pour prioriser à effets égaux.

La criticité devient alors un produit de trois notes. Ce raffinement a du sens dans l'industrie ou en présence d'agents CMR, mais il alourdit la grille et complique la mise à jour. Le principe reste le même : quelle que soit la formule, elle doit être écrite, expliquée et appliquée de façon constante. Mieux vaut une méthode simple et rigoureuse qu'une méthode sophistiquée mal maîtrisée.

Comment articuler cotation et plan d'action ?

La cotation n'est pas une fin en soi : elle sert à décider. Une fois les risques classés, on traite en priorité les niveaux critiques et élevés, puis on planifie les niveaux moyens et on surveille les niveaux faibles. Chaque action inscrite au plan doit viser à faire baisser la criticité, soit en réduisant la gravité (protection collective, suppression du danger), soit en réduisant la fréquence d'exposition (organisation, automatisation).

Après mise en œuvre d'une mesure, on recalcule la criticité résiduelle lors de la mise à jour : c'est la preuve tangible que la prévention progresse. Cette boucle « coter → agir → re-coter » relie l'évaluation au programme de prévention et documente l'amélioration continue attendue par l'article L. 4121-2. Elle rend aussi le DUERP défendable : en cas de contrôle, l'employeur montre non seulement des notes, mais une trajectoire d'actions. À l'inverse, une évaluation absente ou fictive l'expose aux sanctions prévues par l'article R. 4741-1.

Sources

  • code.travail.gouv.fr — article R. 4121-1 (évaluation des risques)
  • inrs.fr — méthodes d'évaluation et de hiérarchisation des risques
  • legifrance.gouv.fr — Code du travail, articles R. 4121-1 à R. 4121-4
  • ameli.fr — démarche d'évaluation OiRA
  • travail-emploi.gouv.fr — repères sur l'évaluation des risques professionnels

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Questions fréquentes

Comment calcule-t-on la cotation d'un risque dans le DUERP ?
La méthode usuelle multiplie la gravité par la fréquence d'exposition, chacune notée de 1 à 4. Le produit, appelé criticité, varie de 1 à 16 et permet de classer les risques du plus au moins prioritaire. Cette méthode est répandue mais n'est pas imposée par la loi.
La cotation gravité × fréquence est-elle obligatoire ?
Non. Le Code du travail impose d'évaluer les risques (article R. 4121-1) mais ne prescrit aucune formule. La cotation gravité × fréquence est la plus courante ; toute méthode cohérente, traçable et reproductible est acceptable. L'administration attend surtout une hiérarchisation justifiée : documentez vos échelles et appliquez-les de façon constante d'une année sur l'autre.
Qu'est-ce que la matrice de criticité ?
C'est un tableau à double entrée qui croise la gravité et la fréquence. Chaque case donne le produit des deux notes et le niveau de priorité correspondant. Sur des échelles de 1 à 4, la criticité varie de 1 à 16, ce qui permet de fixer des seuils clairs. Elle visualise d'un coup d'œil les risques critiques à traiter en premier.
Faut-il tenir compte des mesures déjà en place pour coter ?
Oui. On cote le risque résiduel, c'est-à-dire le niveau de danger compte tenu de la prévention existante (protections collectives, EPI, procédures). Un danger grave peut devenir faiblement critique une fois correctement maîtrisé. À l'inverse, un risque mal maîtrisé conserve une criticité élevée ; c'est ce niveau résiduel qui doit guider le plan d'action.
Combien de niveaux utiliser sur les échelles ?
Des échelles de 1 à 4 pour la gravité et la fréquence offrent un bon compromis entre finesse et simplicité. Certaines entreprises utilisent 1 à 3 ou 1 à 5 : l'essentiel est de décrire chaque niveau par des repères concrets.
Que faire des risques cotés critiques ?
Les risques de criticité élevée (13 à 16 sur une échelle 1-4) appellent un traitement immédiat, éventuellement des mesures conservatoires avant même la finalisation du document. Ils alimentent en priorité le plan d'action ou le PAPRIPACT. Après la mise en œuvre des mesures, on recalcule la criticité résiduelle pour vérifier que le risque a bien baissé.

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La rédaction Duerpio

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Mis à jour le 3 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr

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