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Comment coter les risques du DUERP : la méthode gravité × fréquence, des échelles de 1 à 4, une matrice de criticité et des niveaux de priorité clairs.
Coter les risques du DUERP, c'est attribuer à chaque danger un niveau de criticité pour hiérarchiser les actions. La méthode la plus répandue croise la gravité des dommages potentiels et la fréquence (ou probabilité) d'exposition, chacune notée de 1 à 4. Le produit gravité × fréquence classe les risques du plus au moins prioritaire. Cette méthode est usuelle mais n'est pas imposée par la loi.
L'inventaire des risques, réalisé par unité de travail, peut compter des dizaines de lignes. La cotation permet de les hiérarchiser : on ne peut pas tout traiter en même temps, il faut concentrer les moyens là où le danger est le plus élevé. C'est le pont entre l'évaluation et le plan d'action (PAPRIPACT). Le Code du travail impose d'évaluer les risques (article R. 4121-1) sans dicter de formule ; il vous appartient de choisir une méthode traçable et cohérente.
Deux échelles suffisent pour une TPE-PME. L'important est de décrire chaque niveau par des repères concrets, pour que deux évaluateurs aboutissent au même résultat.
| Niveau | Gravité (dommage potentiel) | Fréquence (exposition) |
|---|---|---|
| 1 — Faible | Gêne, soin bénin sans arrêt | Rare / exceptionnelle |
| 2 — Moyen | Accident avec arrêt court, sans séquelle | Occasionnelle (quelques fois/mois) |
| 3 — Grave | Accident avec séquelles, incapacité partielle | Fréquente (hebdomadaire à quotidienne) |
| 4 — Très grave | Incapacité permanente ou décès | Permanente (à chaque tâche) |
Vous pouvez enrichir le modèle avec un troisième facteur (maîtrise ou moyens de prévention existants), mais deux facteurs restent le standard le plus lisible pour une petite structure.
La criticité est le produit gravité × fréquence. Sur des échelles de 1 à 4, elle varie de 1 à 16. La matrice ci-dessous croise les deux axes : chaque case donne la valeur et le niveau de priorité associé.
| Gravité ↓ / Fréquence → | 1 Rare | 2 Occas. | 3 Fréq. | 4 Perm. |
|---|---|---|---|---|
| 4 Très grave | 4 | 8 | 12 | 16 |
| 3 Grave | 3 | 6 | 9 | 12 |
| 2 Moyen | 2 | 4 | 6 | 8 |
| 1 Faible | 1 | 2 | 3 | 4 |
À partir de ces valeurs, on définit des seuils de priorité. Un découpage courant :
| Criticité | Niveau de priorité | Action attendue |
|---|---|---|
| 1 à 3 | Faible | Risque maîtrisé, à surveiller lors des mises à jour |
| 4 à 8 | Moyen | Mesures à planifier à moyen terme |
| 9 à 12 | Élevé | Actions prioritaires, échéance rapprochée |
| 13 à 16 | Critique | Traitement immédiat, mesures conservatoires |
Ces seuils sont indicatifs : adaptez-les à votre activité. Un risque coté « critique » peut justifier des mesures conservatoires immédiates avant même la finalisation du DUERP.
Notre calculateur de cotation applique cette logique automatiquement, et l'exemple de DUERP rempli montre le résultat ligne par ligne.
La cotation doit tenir compte de la prévention déjà en place (protection collective, EPI, procédures). Un même danger peut être critique sans mesure et faible avec.
Un risque très grave mais rare (criticité 4) n'appelle pas forcément la même réponse qu'un risque moyen mais permanent (criticité 8). C'est tout l'intérêt du produit.
Une fois une mesure mise en œuvre, la criticité résiduelle doit être réévaluée lors de la mise à jour du DUERP. La cotation vit avec le plan d'action.
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La cotation gravité × fréquence à deux facteurs est la plus lisible et convient à la grande majorité des TPE-PME. Certaines entreprises ajoutent un troisième facteur pour affiner l'analyse :
La criticité devient alors un produit de trois notes. Ce raffinement a du sens dans l'industrie ou en présence d'agents CMR, mais il alourdit la grille et complique la mise à jour. Le principe reste le même : quelle que soit la formule, elle doit être écrite, expliquée et appliquée de façon constante. Mieux vaut une méthode simple et rigoureuse qu'une méthode sophistiquée mal maîtrisée.
La cotation n'est pas une fin en soi : elle sert à décider. Une fois les risques classés, on traite en priorité les niveaux critiques et élevés, puis on planifie les niveaux moyens et on surveille les niveaux faibles. Chaque action inscrite au plan doit viser à faire baisser la criticité, soit en réduisant la gravité (protection collective, suppression du danger), soit en réduisant la fréquence d'exposition (organisation, automatisation).
Après mise en œuvre d'une mesure, on recalcule la criticité résiduelle lors de la mise à jour : c'est la preuve tangible que la prévention progresse. Cette boucle « coter → agir → re-coter » relie l'évaluation au programme de prévention et documente l'amélioration continue attendue par l'article L. 4121-2. Elle rend aussi le DUERP défendable : en cas de contrôle, l'employeur montre non seulement des notes, mais une trajectoire d'actions. À l'inverse, une évaluation absente ou fictive l'expose aux sanctions prévues par l'article R. 4741-1.
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La rédaction Duerpio
spécialistes de l'évaluation des risques professionnels
Mis à jour le 3 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr
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