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Blog · Situations particulières

Jeunes travailleurs, apprentis, stagiaires : travaux interdits et DUERP (2026)

Situations particulièresPublié le 8 juillet 2026· 8 min de lecture

Travaux interdits aux moins de 18 ans, déclaration de dérogation, accueil et encadrement : les obligations de l’employeur qui accueille un jeune, un apprenti ou un stagiaire — avec un DUERP à jour comme condition première.

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L'essentiel

Les jeunes de moins de 18 ans — salariés, apprentis, stagiaires — ne peuvent pas être affectés à certains travaux interdits (articles D. 4153 du Code du travail). Pour les jeunes en formation professionnelle, une partie de ces travaux, dits « réglementés », redevient accessible via une déclaration de dérogation adressée à l’inspection du travail, valable trois ans. Première condition de validité : avoir procédé à l’évaluation des risques et disposer d’un DUERP à jour.

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Sommaire

  1. 1.Qui est considéré comme jeune travailleur ?
  2. 2.Pourquoi les jeunes sont-ils plus exposés aux accidents du travail ?
  3. 3.Quels travaux sont interdits aux moins de 18 ans ?
  4. 4.Comment fonctionne la dérogation aux travaux réglementés ?
  5. 5.Quelles obligations d’accueil, de formation et d’encadrement ?
  6. 6.Comment intégrer les jeunes travailleurs au DUERP ?
  7. 7.Apprentis, stagiaires, intérimaires : qui est responsable ?
  8. 8.Que risque l’employeur en cas de manquement ?
  9. 9.Par où commencer ?

Accueillir un apprenti, un stagiaire ou un jeune salarié de moins de 18 ans engage l’employeur bien au-delà du contrat : certains travaux leur sont interdits, d’autres ne sont accessibles qu’après une déclaration de dérogation, et l’accueil comme l’encadrement obéissent à des règles précises. Le point de départ de toutes ces obligations est le même : un DUERP établi et à jour.

Qui est considéré comme jeune travailleur ?

La réglementation vise les moins de 18 ans présents en entreprise, quel que soit leur statut : jeunes salariés en CDD ou en CDI, apprentis, titulaires d’un contrat de professionnalisation, stagiaires et élèves en période de formation en milieu professionnel. L’âge d’admission au travail est en principe fixé à 16 ans, avec des exceptions encadrées : l’apprentissage est possible dès 15 ans pour les jeunes ayant achevé la classe de troisième, et des travaux légers peuvent être confiés dès 14 ans pendant les vacances scolaires, sous conditions strictes.

Deux logiques se superposent : une logique de protection renforcée — les travaux interdits — et une logique de formation — les dérogations qui permettent d’apprendre un métier en conditions réelles. Tout l’enjeu pour l’employeur est de tenir les deux à la fois.

Pourquoi les jeunes sont-ils plus exposés aux accidents du travail ?

Les statistiques de l’Assurance Maladie – Risques professionnels le montrent année après année : la fréquence des accidents du travail des jeunes et des nouveaux embauchés est nettement supérieure à la moyenne, en particulier dans les premiers mois. Les causes sont bien identifiées :

  • le manque d’expérience : le jeune ne connaît pas encore les situations dangereuses de son métier ni les signaux d’alerte ;
  • la surestimation de ses capacités et l’envie de bien faire, qui poussent à accepter des tâches mal maîtrisées ;
  • la réticence à poser des questions ou à signaler une difficulté, par peur de mal paraître ;
  • un accueil sécurité parfois expédié, alors que les premières semaines concentrent l’essentiel du risque.

Ce constat justifie à lui seul que le DUERP traite les jeunes comme une population sensible, avec des mesures dédiées — et pas seulement comme des salariés ordinaires en plus jeunes.

Quels travaux sont interdits aux moins de 18 ans ?

Les articles D. 4153 du Code du travail dressent la liste des travaux interdits et des travaux réglementés. Les premiers ne peuvent jamais être confiés à un mineur ; les seconds ne le sont que dans le cadre d’une dérogation réservée aux jeunes en formation professionnelle.

Famille de travauxExemplesPrincipe
Agents chimiques dangereux, dont CMRManipulation de produits classés, opérations exposantesInterdit — dérogation possible en formation
Machines dangereusesScies circulaires, presses, machines à éléments mobilesInterdit — dérogation possible en formation
Travaux temporaires en hauteurPostes sans protection collective contre les chutes, échafaudagesInterdit — dérogation possible selon les cas
Conduite d’équipements mobiles et de levageEngins de chantier, chariots automoteursInterdit — dérogation possible avec formation à la conduite
Travaux électriques sous tensionInterventions sur installations sous tensionInterdit, sans dérogation
Agents biologiques des groupes 3 et 4Travaux exposant à des agents pathogènes gravesInterdit
Vibrations mécaniques au-delà des seuilsMarteaux-piqueurs, engins fortement vibrantsInterdit
Débits de boissons à consommer sur placeService au barInterdit, sauf exceptions très encadrées

Pour plusieurs de ces familles, une dérogation est possible pour les jeunes en formation ; pour d’autres, l’interdiction est absolue : vérifiez toujours la liste en vigueur avant toute affectation. Certaines renvoient à des évaluations déjà présentes dans votre document, comme les agents CMR ou le travail en hauteur : la question devient alors « un mineur peut-il s’en approcher, et à quelles conditions ? ».

Comment fonctionne la dérogation aux travaux réglementés ?

Pour permettre aux jeunes d’au moins 15 ans et de moins de 18 ans en formation professionnelle — apprentissage, baccalauréat professionnel, stage de formation — de réaliser certains travaux réglementés, l’employeur adresse une déclaration de dérogation à l’inspection du travail. Elle est valable trois ans et renouvelable. Attention : elle ne vaut que si des conditions de fond sont respectées en continu.

  1. Avoir évalué les risques et disposer d’un DUERP établi et à jour : c’est la condition première — sans Document Unique, pas de dérogation valable.
  2. Avoir mis en œuvre les actions de prévention qui découlent de cette évaluation.
  3. Informer et former le jeune sur les risques du poste et les mesures de prévention.
  4. Assurer son encadrement par une personne compétente pendant l’exécution des travaux.
  5. Disposer d’un avis médical d’aptitude, renouvelé chaque année.

L’employeur tient par ailleurs à la disposition de l’inspection du travail les informations relatives à chaque jeune accueilli : identité, formation suivie, avis médical, identité de l’encadrant. En pratique, une dérogation mal documentée équivaut à une affectation illégale : chaque condition doit pouvoir être prouvée.

Quelles obligations d’accueil, de formation et d’encadrement ?

Au-delà des travaux interdits, l’accueil d’un jeune obéit à des règles propres, que le DUERP doit refléter :

  • accueil sécurité renforcé à la prise de poste : présentation des risques, des consignes, des équipements de protection, vérification de la compréhension ;
  • tuteur ou maître d’apprentissage désigné, formé et réellement disponible — un jeune ne doit jamais rester sans repères ;
  • équipements de protection individuelle adaptés à sa morphologie, et non des EPI d’adulte par défaut ;
  • suivi médical : pour les mineurs, la visite d’information et de prévention est réalisée avant l’affectation au poste ;
  • durées de travail spécifiques : durées quotidienne et hebdomadaire plafonnées, repos quotidien allongé, et travail de nuit en principe interdit aux moins de 18 ans, hors dérogations sectorielles très limitées (boulangerie, restauration, spectacle…).

Comment intégrer les jeunes travailleurs au DUERP ?

La démarche est la même que pour tout risque, avec une lecture « population sensible ». Par unité de travail, on identifie les postes où un jeune peut être accueilli, ceux qui comportent des travaux interdits — à proscrire — et ceux qui relèvent des travaux réglementés — sous dérogation. La cotation tient compte de l’inexpérience : à situation égale, la probabilité d’accident est plus élevée pour un jeune que pour un salarié aguerri.

Le plan d’action inscrit ensuite les mesures dédiées : liste des tâches autorisées et interdites par poste, encadrement renforcé, consignes adaptées, points d’étape avec le tuteur. Enfin, le document est mis à jour à chaque évolution notable : nouvel équipement, nouveau poste ouvert à l’alternance, nouvelle promotion d’apprentis.

Apprentis, stagiaires, intérimaires : qui est responsable ?

C’est l’entreprise d’accueil qui répond de la santé et de la sécurité du jeune pendant le temps passé dans ses murs — pas le CFA, pas l’établissement scolaire, pas l’agence d’intérim. La convention de stage ou le contrat d’apprentissage organise le volet pédagogique, mais l’évaluation des risques, le respect des interdictions, la déclaration de dérogation, l’accueil sécurité et l’encadrement au poste relèvent de l’employeur qui accueille. Pour les intérimaires mineurs, les interdictions s’appliquent de la même façon, et l’entreprise utilisatrice doit y ajouter la vigilance propre au travail temporaire : formation renforcée sur les postes à risques et interdiction d’affectation à certains travaux dangereux.

Que risque l’employeur en cas de manquement ?

Affecter un mineur à des travaux interdits, ou à des travaux réglementés sans dérogation valable, expose à des sanctions pénales et administratives : amendes, retrait du jeune de l’entreprise, voire arrêt de l’activité concernée. En cas d’accident, la responsabilité pénale de l’employeur peut être recherchée et la faute inexcusable retenue, avec des conséquences financières lourdes — d’autant plus facilement que le DUERP était absent ou obsolète. Sur ce point, voyez notre article sur les sanctions liées au DUERP : l’accueil d’un jeune est précisément le type de situation où un document à jour fait la différence.

Par où commencer ?

Structurez la démarche dans votre Document Unique. Dans le générateur Duerpio, l’étape « Unités de travail » comprend un groupe « Situations & risques particuliers » : cochez « Jeunes travailleurs, apprentis et stagiaires » — comme vous le feriez pour un travailleur isolé, le travail de nuit ou une zone ATEX — pour ajouter à votre DUERP une unité dédiée avec ses risques pré-remplis : travaux interdits, dérogation manquante, machines dangereuses, manque d’expérience, défaut d’accueil sécurité, encadrement insuffisant. Générez votre DUERP, puis mesurez votre niveau de conformité avec le calculateur DUERP.

Sources

  • INRS — Dossier « Jeunes travailleurs » — inrs.fr
  • Code du travail, art. L. 4121-1, L. 4121-2, R. 4121-1 et articles D. 4153 (travaux interdits et réglementés) — code.travail.gouv.fr
  • Service-public.fr — Jeune de moins de 18 ans : travaux interdits et réglementés — service-public.fr
  • Assurance Maladie – Risques professionnels — Sinistralité des jeunes et des nouveaux embauchés — ameli.fr

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Pour aller plus loin

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on travailler en entreprise ?
L’âge d’admission au travail est en principe fixé à 16 ans. L’apprentissage est toutefois possible dès 15 ans pour les jeunes ayant achevé la classe de troisième, et des travaux légers peuvent être confiés dès 14 ans pendant les vacances scolaires, sous conditions strictes. En dessous de 18 ans, les règles de protection des jeunes travailleurs s’appliquent quel que soit le statut.
Quels travaux sont interdits aux moins de 18 ans ?
Les articles D. 4153 du Code du travail listent les travaux interdits et réglementés : agents chimiques dangereux dont les CMR, machines dangereuses, travaux temporaires en hauteur sans protection collective, conduite d’engins, travaux sous tension, agents biologiques des groupes 3 et 4, notamment. Une partie de ces travaux redevient accessible aux jeunes en formation via une dérogation ; les autres restent strictement interdits.
Qu’est-ce que la déclaration de dérogation pour les jeunes en formation ?
C’est une déclaration adressée par l’employeur à l’inspection du travail pour affecter des jeunes de 15 à 18 ans en formation professionnelle à certains travaux réglementés. Valable trois ans et renouvelable, elle suppose des conditions respectées en continu : évaluation des risques et DUERP à jour, actions de prévention en place, information et formation du jeune, encadrement par une personne compétente et avis médical d’aptitude renouvelé chaque année.
Un apprenti mineur peut-il travailler de nuit ?
En principe non : le travail de nuit est interdit aux moins de 18 ans. Des dérogations sectorielles très encadrées existent, notamment dans la boulangerie, la restauration ou le spectacle, avec des horaires et des garanties spécifiques. En dehors de ces cas, un apprenti mineur ne doit pas être planifié de nuit.
Qui est responsable de la sécurité d’un stagiaire mineur : l’école ou l’entreprise ?
L’entreprise d’accueil. La convention de stage organise le volet pédagogique avec l’établissement, mais l’évaluation des risques, le respect des travaux interdits, l’éventuelle dérogation, l’accueil sécurité et l’encadrement au poste relèvent de l’employeur qui accueille le jeune dans ses locaux.
Le DUERP est-il obligatoire pour accueillir un apprenti ?
Oui. Le DUERP est obligatoire dès le premier salarié, apprenti compris. C’est de plus la condition première de validité de la déclaration de dérogation aux travaux réglementés : sans Document Unique établi et à jour, un jeune en formation ne peut pas être affecté légalement à ces travaux.

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La rédaction Duerpio

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Publié le 8 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr

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