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Blog · Situations particulières

Travail de nuit : réglementation, risques et DUERP (2026)

Situations particulièresPublié le 8 juillet 2026· 8 min de lecture

Le travail de nuit dérègle l'horloge biologique et aggrave de nombreux risques. Définition légale, contreparties, C2P, suivi médical et intégration au DUERP : le point complet.

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L'essentiel

Le recours au travail de nuit doit rester exceptionnel et justifié par la nécessité d'assurer la continuité de l'activité (art. L. 3122-1 et suivants). Par défaut, est du travail de nuit tout travail effectué entre 21 h et 6 h. Le travailleur de nuit bénéficie de contreparties en repos, d'un suivi médical adapté et, au-delà de 120 nuits par an, d'une déclaration au compte professionnel de prévention (C2P). Ses risques spécifiques doivent figurer au DUERP.

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Sommaire

  1. 1.Qu'est-ce que le travail de nuit au sens du Code du travail ?
  2. 2.Le recours au travail de nuit est-il libre ?
  3. 3.Quelles limites et contreparties pour les travailleurs de nuit ?
  4. 4.Quels sont les effets du travail de nuit sur la santé ?
  5. 5.Travail de nuit et pénibilité : que dit le C2P ?
  6. 6.Quel suivi médical pour un travailleur de nuit ?
  7. 7.Comment intégrer le travail de nuit au DUERP ?
  8. 8.Quelles mesures de prévention pour le travail de nuit ?
  9. 9.Par où commencer ?

Industrie en continu, santé, logistique, sécurité, transport, hôtellerie-restauration : le travail de nuit concerne des millions de salariés en France. Encadré strictement par le Code du travail, il perturbe l'horloge biologique, dégrade le sommeil et aggrave de nombreux risques professionnels. Pour l'employeur, il emporte des obligations précises — contreparties, suivi médical, déclaration au titre de la pénibilité — et doit impérativement être évalué dans le DUERP.

Qu'est-ce que le travail de nuit au sens du Code du travail ?

À défaut d'accord collectif fixant une autre période, est considéré comme travail de nuit tout travail effectué entre 21 heures et 6 heures. Un accord d'entreprise ou de branche peut retenir une autre période de neuf heures consécutives, comprenant obligatoirement l'intervalle minuit – 5 heures, commençant au plus tôt à 21 h et s'achevant au plus tard à 7 h (art. L. 3122-1 et suivants du Code du travail).

Il faut distinguer le travail de nuit occasionnel du statut de travailleur de nuit, qui ouvre des droits spécifiques. Est travailleur de nuit le salarié qui accomplit :

  • au moins deux fois par semaine, selon son horaire habituel, au moins trois heures de travail de nuit quotidiennes ;
  • ou un nombre minimal d'heures de nuit sur douze mois consécutifs — 270 heures à défaut d'accord collectif fixant un autre seuil.

Cette distinction est essentielle : une intervention nocturne ponctuelle ne confère pas le statut, mais elle doit tout de même être évaluée dans le DUERP.

Le recours au travail de nuit est-il libre ?

Non. Le Code du travail pose un principe clair : le recours au travail de nuit est exceptionnel. Il doit prendre en compte les impératifs de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs et être justifié par la nécessité d'assurer la continuité de l'activité économique ou des services d'utilité sociale (hôpitaux, sécurité, énergie…).

Sa mise en place ou son extension passe en principe par un accord collectif (entreprise, établissement ou branche) qui définit les justifications, la période de nuit, les contreparties, les temps de pause et les mesures d'amélioration des conditions de travail. À défaut d'accord, une autorisation de l'inspection du travail est nécessaire, après engagement de négociations. Le CSE est consulté et le médecin du travail est associé à la démarche. Mettre en place des horaires de nuit sans respecter ce cadre expose l'employeur à des sanctions, comme un DUERP absent ou obsolète.

Quelles limites et contreparties pour les travailleurs de nuit ?

Le statut de travailleur de nuit s'accompagne de garanties destinées à limiter l'usure professionnelle :

AspectRègle de principeAménagements possibles
Durée quotidienne8 heures maximumDérogations par accord collectif ou circonstances exceptionnelles
Durée hebdomadaire40 heures en moyenne sur 12 semaines consécutivesJusqu'à 44 heures par accord dans certains cas
ContrepartiesRepos compensateur obligatoireCompensation salariale en complément, selon l'accord
Retour au jourPriorité pour l'attribution d'un poste de jour correspondant à la qualificationTransfert de jour en cas d'inaptitude au poste de nuit constatée par le médecin du travail
Salariée enceinteAffectation de jour à sa demande ou sur avis du médecin du travail, sans perte de rémunérationPendant la grossesse et le congé postnatal
Jeunes de moins de 18 ansTravail de nuit interdit en principeDérogations très encadrées dans certains secteurs

Point important : la contrepartie en repos compensateur est obligatoire pour les travailleurs de nuit ; la majoration salariale, elle, n'est due que si l'accord collectif la prévoit.

Quels sont les effets du travail de nuit sur la santé ?

L'expertise collective de l'ANSES sur les risques sanitaires liés au travail de nuit conclut à des effets avérés sur la somnolence, la qualité et la durée du sommeil, ainsi que sur le syndrome métabolique. Elle retient des effets probables sur les maladies cardiovasculaires, la santé psychique et certains cancers — le travail posté entraînant une perturbation des rythmes circadiens est d'ailleurs classé probablement cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Concrètement, les risques à surveiller sont :

  • troubles du sommeil et dette chronique : sommeil de jour plus court et moins réparateur ;
  • baisse de vigilance : pics de somnolence entre 2 h et 5 h, à l'origine d'erreurs et d'accidents du travail ;
  • risque routier accru sur les trajets domicile-travail, la somnolence au volant étant une cause majeure d'accidents — un enjeu à croiser avec le risque routier professionnel ;
  • effets métaboliques et cardiovasculaires : prise de poids, hypertension, diabète de type 2 ;
  • désynchronisation sociale : vie familiale et sociale perturbée, isolement, facteurs de risques psychosociaux.

Travail de nuit et pénibilité : que dit le C2P ?

Le travail de nuit est l'un des facteurs de risques professionnels ouvrant droit au compte professionnel de prévention (C2P). Le seuil est atteint lorsque le salarié effectue au moins une heure de travail entre minuit et 5 heures, pendant au moins 120 nuits par an. Le facteur voisin du travail en équipes successives alternantes impliquant des heures entre minuit et 5 h est, lui, déclenché à partir de 50 nuits par an.

Au-delà de ces seuils, l'employeur déclare l'exposition via la DSN ; le salarié acquiert des points utilisables pour se former à un métier moins exposé, financer un passage à temps partiel sans perte de salaire ou partir plus tôt à la retraite. Les entreprises fortement exposées peuvent en outre être tenues de négocier un accord de prévention de la pénibilité — une démarche qui s'articule naturellement avec le PAPRIPACT issu du DUERP.

Quel suivi médical pour un travailleur de nuit ?

Tout travailleur de nuit bénéficie d'un suivi individuel adapté de son état de santé : une visite d'information et de prévention préalable à l'affectation sur le poste de nuit, puis un suivi renouvelé selon une périodicité fixée par le médecin du travail, au maximum tous les trois ans.

Le médecin du travail joue un rôle central : il peut prescrire des aménagements, recommander une limitation de la durée d'exposition et, s'il constate que l'état de santé du salarié l'exige, déclencher son transfert sur un poste de jour. Le salarié peut également solliciter une visite à tout moment s'il ressent des difficultés liées à ses horaires. Ces éléments alimentent directement l'évaluation des risques de l'entreprise.

Comment intégrer le travail de nuit au DUERP ?

Le travail de nuit doit apparaître dans le Document Unique partout où il existe, même de façon occasionnelle. La démarche :

  1. Recenser les postes et horaires concernés, par unité de travail : équipes de nuit fixes, 3×8, astreintes, interventions ponctuelles.
  2. Identifier les risques propres à la nuit : baisse de vigilance, fatigue, travail isolé fréquent la nuit — à croiser avec l'évaluation du travailleur isolé —, trajets nocturnes, encadrement réduit, secours plus difficiles à organiser.
  3. Coter chaque situation en intégrant la nuit comme facteur aggravant de la probabilité et de la gravité, selon la méthode décrite dans notre guide de la cotation des risques.
  4. Tracer l'exposition au titre de la pénibilité (seuils C2P) et la cohérence avec les déclarations DSN.
  5. Planifier des mesures avec responsable et échéance, puis mettre à jour le DUERP à chaque évolution des horaires ou de l'organisation.

Quelles mesures de prévention pour le travail de nuit ?

La prévention combine organisation, aménagements et information :

  • Organisation des plannings : rythmes réguliers et prévisibles, rotations courtes plutôt que longues, sens de rotation matin → après-midi → nuit généralement mieux toléré, repos suffisant entre deux postes.
  • Limitation de l'exposition : restreindre le travail de nuit aux tâches qui l'exigent réellement, alléger la charge sur les heures critiques (2 h – 5 h).
  • Aménagement des postes : éclairage adapté, possibilité de pause réelle dans un local dédié, accès à une restauration ou à des boissons chaudes.
  • Vigilance et secours : éviter le cumul nuit + travail isolé pour les tâches dangereuses, garantir une chaîne d'alerte opérationnelle la nuit, encadrement joignable.
  • Trajets : sensibilisation à la somnolence au volant, organisation permettant d'éviter de reprendre la route en état de fatigue aiguë.
  • Information et formation : hygiène de sommeil, alimentation, repérage des signes de fatigue chronique, incitation à consulter le service de santé au travail.

Par où commencer ?

Recensez vos postes de nuit, vérifiez vos seuils C2P et structurez l'évaluation dans un DUERP à jour. Générez votre DUERP avec Duerpio : à l'étape « Unités de travail », le groupe « Situations & risques particuliers » vous permet de cocher « travail de nuit » (comme le travailleur isolé ou les zones ATEX) pour intégrer automatiquement au Document Unique les risques pré-remplis correspondants, qu'il ne reste plus qu'à ajuster. Pour le cadre d'ensemble, consultez le guide complet du DUERP.

Sources

  • Code du travail, art. L. 3122-1 et suivants (travail de nuit) — code.travail.gouv.fr
  • Service-Public — Travail de nuit du salarié du secteur privé — service-public.fr
  • ANSES — Évaluation des risques sanitaires liés au travail de nuit — anses.fr
  • INRS — Travail de nuit et travail posté — inrs.fr

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Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le travail de nuit selon le Code du travail ?
À défaut d'accord collectif, est du travail de nuit tout travail effectué entre 21 heures et 6 heures. Un accord peut définir une autre période de neuf heures consécutives comprenant l'intervalle minuit-5 heures, commençant au plus tôt à 21 h et s'achevant au plus tard à 7 h. Son recours doit rester exceptionnel et justifié par la continuité de l'activité.
Qui est considéré comme travailleur de nuit ?
Le salarié qui accomplit au moins deux fois par semaine, selon son horaire habituel, au moins trois heures de travail de nuit quotidiennes, ou qui effectue un nombre minimal d'heures de nuit sur douze mois consécutifs — 270 heures à défaut d'accord collectif. Ce statut ouvre droit aux contreparties, aux limites de durée et au suivi médical adapté.
Quelles contreparties pour le travail de nuit ?
Le travailleur de nuit bénéficie obligatoirement d'une contrepartie sous forme de repos compensateur ; une compensation salariale peut s'y ajouter si l'accord collectif le prévoit. Il profite aussi de durées maximales réduites, d'une priorité d'accès aux postes de jour et d'un transfert de jour en cas d'inaptitude au poste de nuit constatée par le médecin du travail.
Le travail de nuit compte-t-il pour la pénibilité (C2P) ?
Oui. Le seuil du compte professionnel de prévention est atteint à partir d'une heure de travail entre minuit et 5 heures pendant au moins 120 nuits par an ; le travail en équipes successives alternantes comportant des heures dans cet intervalle est déclenché dès 50 nuits par an. L'employeur déclare l'exposition et le salarié acquiert des points.
Quel suivi médical pour les travailleurs de nuit ?
Tout travailleur de nuit bénéficie d'une visite d'information et de prévention avant son affectation au poste, puis d'un suivi individuel adapté dont la périodicité, fixée par le médecin du travail, ne peut excéder trois ans. Le médecin peut prescrire des aménagements ou déclencher un transfert sur un poste de jour si l'état de santé l'exige.
Le travail de nuit doit-il figurer dans le DUERP ?
Oui, partout où il existe, même occasionnellement. On recense les postes concernés par unité de travail, on évalue les risques propres à la nuit — baisse de vigilance, fatigue, travail isolé, trajets nocturnes — en traitant la nuit comme facteur aggravant, puis on planifie des mesures d'organisation, d'aménagement et de formation avec responsable et échéance.

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La rédaction Duerpio

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Publié le 8 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr

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