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Blog · Situations particulières

Plan de prévention avec une entreprise extérieure : quand est-il obligatoire ? (2026)

Situations particulièresPublié le 8 juillet 2026· 8 min de lecture

Intervention d'une entreprise extérieure, sous-traitance, co-activité : quand le plan de prévention est-il obligatoire et comment s'articule-t-il avec le DUERP de chaque employeur ?

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L'essentiel

Dès qu'une entreprise extérieure intervient dans une entreprise utilisatrice, les employeurs procèdent à une inspection commune préalable puis analysent ensemble les risques d'interférence (art. R. 4511-1 et suivants du Code du travail). Un plan de prévention écrit est obligatoire dans deux cas : opération d'au moins 400 heures sur 12 mois ou travaux dangereux figurant sur la liste fixée par l'arrêté du 19 mars 1993. Chaque employeur conserve par ailleurs son propre DUERP.

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Sommaire

  1. 1.Qu'est-ce qu'un plan de prévention et qui est concerné ?
  2. 2.Quand le plan de prévention écrit est-il obligatoire ?
  3. 3.En quoi consiste l'inspection commune préalable ?
  4. 4.Que doit contenir le plan de prévention ?
  5. 5.Plan de prévention, protocole de sécurité, coordination SPS : quel document pour quelle situation ?
  6. 6.Intérim et sous-traitance en cascade : quelles règles particulières ?
  7. 7.Quel lien entre le plan de prévention et le DUERP de chaque entreprise ?
  8. 8.Que risque-t-on en l'absence de plan de prévention ?
  9. 9.Comment faire vivre le plan de prévention pendant l'opération ?
  10. 10.Par où commencer ?

Maintenance d'une machine, nettoyage des locaux, dépannage, chantier chez un client : chaque jour, des salariés interviennent dans une entreprise qui n'est pas la leur. Cette co-activité entre une entreprise utilisatrice et une ou plusieurs entreprises extérieures est l'une des situations les plus accidentogènes qui soient : les intervenants connaissent mal les lieux, les risques de chacun s'additionnent et les consignes se perdent entre les structures. Le plan de prévention est l'outil que le Code du travail impose pour organiser cette rencontre — et il est bien plus qu'une formalité administrative.

Qu'est-ce qu'un plan de prévention et qui est concerné ?

Le plan de prévention organise la prévention des risques lors d'une opération réalisée par une ou plusieurs entreprises extérieures dans un établissement d'une entreprise utilisatrice ou dans ses dépendances et chantiers. Le mot « opération » s'entend largement : travaux de maintenance, prestation de nettoyage, gardiennage, installation d'équipements, prestation intellectuelle sur site… Peu importe le lien contractuel : le sous-traitant du sous-traitant est concerné au même titre que le prestataire direct de l'entreprise utilisatrice.

Le dispositif repose sur une idée simple : chaque employeur reste responsable de la santé et de la sécurité de ses propres salariés, mais l'entreprise utilisatrice assure la coordination générale des mesures de prévention, parce qu'elle connaît les lieux et les risques de son établissement. Les obligations sont donc partagées : elles pèsent sur les deux chefs d'entreprise, qui doivent coopérer avant l'opération puis pendant toute sa durée.

Quand le plan de prévention écrit est-il obligatoire ?

Attention à une confusion fréquente : l'analyse commune des risques d'interférence est obligatoire pour toute opération, quelle que soit sa durée. Lorsque de tels risques existent, les employeurs arrêtent d'un commun accord, avant le début des travaux, un plan de prévention. Celui-ci doit en outre être établi par écrit dans deux situations (art. R. 4512-7) :

  • l'opération représente un volume prévisible d'au moins 400 heures de travail sur une période inférieure ou égale à douze mois, que les travaux soient continus ou discontinus ;
  • les travaux figurent sur la liste des travaux dangereux fixée par l'arrêté du 19 mars 1993 — notamment certains travaux exposant à des rayonnements ionisants, à des agents biologiques pathogènes, à un risque de noyade ou d'ensevelissement, certains travaux de démolition ou encore les travaux de soudage exigeant un permis de feu — et ce quelle que soit la durée de l'intervention.

En dessous de ces seuils, l'écrit n'est pas imposé, mais il reste vivement recommandé : c'est la seule preuve tangible que l'analyse a bien été menée. En cas d'accident, l'absence de trace écrite se retourne presque toujours contre les employeurs.

En quoi consiste l'inspection commune préalable ?

Avant toute opération, l'entreprise utilisatrice organise une inspection commune des lieux de travail, des installations qui s'y trouvent et des matériels éventuellement mis à disposition des entreprises extérieures (art. R. 4512-2). Ce n'est pas une visite de courtoisie : c'est le socle de toute l'analyse. Au cours de cette inspection, l'entreprise utilisatrice doit notamment :

  • délimiter le secteur d'intervention des entreprises extérieures ;
  • matérialiser les zones de ce secteur qui présentent des dangers pour les intervenants ;
  • indiquer les voies de circulation des personnes, des véhicules et des engins ;
  • définir les voies d'accès aux locaux et installations mis à disposition (sanitaires, vestiaires, restauration) ;
  • communiquer ses consignes de sécurité applicables à l'opération.

Les employeurs se communiquent ensuite toutes les informations nécessaires à la prévention : description des travaux, matériels utilisés et modes opératoires, dès lors qu'ils ont une incidence sur la santé et la sécurité.

Que doit contenir le plan de prévention ?

Le plan de prévention consigne les mesures qui répondent aux risques d'interférence — ceux qui naissent de la présence simultanée d'activités, d'installations et de matériels d'entreprises différentes. Il comporte au minimum :

  • la définition des phases d'activité dangereuses et des moyens de prévention correspondants ;
  • l'adaptation des matériels, installations et dispositifs à la nature des opérations et la définition de leurs conditions d'entretien ;
  • les instructions à donner aux salariés des différentes entreprises ;
  • l'organisation des premiers secours en cas d'urgence et la description du dispositif mis en place par l'entreprise utilisatrice ;
  • les conditions de la participation des salariés d'une entreprise aux travaux réalisés par une autre, pour assurer la coordination nécessaire.

Concrètement, un bon plan de prévention désigne aussi des interlocuteurs identifiés dans chaque entreprise, fixe les modalités d'accueil des intervenants sur le site et prévoit qui fait quoi lorsqu'une situation imprévue survient en cours d'opération.

Plan de prévention, protocole de sécurité, coordination SPS : quel document pour quelle situation ?

Le plan de prévention n'est pas le seul dispositif de coordination prévu par le Code du travail. Le tableau suivant aide à choisir le bon cadre selon la situation.

SituationDocument requisCadre
Intervention d'une entreprise extérieure dans une entreprise utilisatriceAnalyse commune des interférences + plan de prévention (écrit si 400 heures ou travaux dangereux)Art. R. 4511-1 et suivants
Opération de chargement ou de déchargement réalisée par un transporteurProtocole de sécuritéArt. R. 4515-1 et suivants
Chantier de bâtiment ou de génie civil faisant intervenir plusieurs entreprisesCoordination SPS (plan général de coordination, PPSPS)Art. L. 4531-1 et suivants
Recours à un salarié intérimairePas de plan de prévention : accueil, information et formation renforcée à la sécurité pour les postes à risquesArt. L. 4154-2

Ces régimes ne se cumulent pas sur une même opération : les opérations de chargement-déchargement et les chantiers soumis à coordination SPS obéissent à leurs règles propres.

Intérim et sous-traitance en cascade : quelles règles particulières ?

L'intérimaire n'est pas une entreprise extérieure : il est intégré aux équipes de l'entreprise utilisatrice, qui est responsable des conditions d'exécution du travail, notamment en matière de santé et de sécurité. Elle doit l'accueillir, l'informer des risques, lui fournir les équipements de protection nécessaires et lui dispenser une formation renforcée à la sécurité s'il est affecté à un poste présentant des risques particuliers (art. L. 4154-2). Certains travaux particulièrement dangereux sont par ailleurs interdits aux intérimaires et aux salariés en CDD.

La sous-traitance en cascade, elle, reste pleinement dans le champ du plan de prévention : chaque entreprise extérieure, quel que soit son rang, participe à l'inspection commune pour la partie de l'opération qui la concerne et applique les mesures du plan. L'entreprise utilisatrice ne peut pas s'exonérer de la coordination en invoquant la chaîne contractuelle.

Quel lien entre le plan de prévention et le DUERP de chaque entreprise ?

Plan de prévention et Document Unique sont complémentaires, jamais interchangeables. Le plan de prévention traite les risques d'interférence d'une opération donnée ; le DUERP transcrit l'évaluation de l'ensemble des risques de chaque employeur pour ses propres salariés (art. L. 4121-1 et R. 4121-1). Concrètement :

  • l'entreprise extérieure évalue dans son DUERP les risques propres à ses interventions chez des clients — déplacements, méconnaissance des lieux, co-activité, travail seul — idéalement au sein d'une unité de travail « interventions sur sites clients » ;
  • l'entreprise utilisatrice intègre dans le sien les risques que la présence d'intervenants crée pour ses propres salariés : circulation d'engins, travaux par point chaud à proximité d'une zone ATEX, travail en hauteur au-dessus des postes…

Les enseignements du plan de prévention alimentent la mise à jour des deux documents uniques, et réciproquement : un risque identifié dans un DUERP doit remonter dans l'analyse des interférences de l'opération suivante.

Que risque-t-on en l'absence de plan de prévention ?

L'absence d'inspection commune ou de plan de prévention écrit lorsque celui-ci est obligatoire expose les deux chefs d'entreprise à des poursuites pénales, chacun pour les manquements qui lui sont imputables. En cas d'accident d'un intervenant, la faute inexcusable de l'employeur est fréquemment retenue lorsque la coordination a été négligée, avec des conséquences financières lourdes. L'inspection du travail peut par ailleurs sanctionner le défaut d'évaluation des risques lui-même, comme pour le Document Unique — voir notre article sur les sanctions liées au DUERP.

Comment faire vivre le plan de prévention pendant l'opération ?

Un plan signé puis rangé dans un tiroir ne protège personne. Pendant toute la durée de l'opération, l'entreprise utilisatrice coordonne : inspections et réunions périodiques selon la nature des travaux, accueil des nouveaux intervenants, mise à jour du plan lorsqu'une entreprise supplémentaire arrive ou qu'un mode opératoire change. Le plan de prévention est tenu à la disposition de l'inspection du travail, des agents de la caisse régionale (Carsat) et des médecins du travail concernés, et les CSE des entreprises sont informés de l'opération. Enfin, un retour d'expérience en fin d'opération — incidents, presqu'accidents, difficultés de coordination — nourrit les plans suivants et la mise à jour du DUERP de chacun.

Par où commencer ?

Commencez par mettre votre propre évaluation des risques à niveau : c'est elle qui alimente l'analyse des interférences. Générez votre DUERP avec Duerpio : à l'étape « Unités de travail », le groupe « Situations & risques particuliers » permet de cocher la situation « Intérim, co-activité et sous-traitance » pour intégrer automatiquement au document les risques pré-remplis correspondants — absence de plan de prévention et d'inspection préalable, défaut d'accueil sécurité, interférences de circulation, travaux par point chaud… Vérifiez ensuite votre conformité avec la checklist DUERP.

Sources

  • Code du travail, art. R. 4511-1 et suivants (travaux réalisés dans un établissement par une entreprise extérieure), art. L. 4121-1 et L. 4154-2 — code.travail.gouv.fr
  • Arrêté du 19 mars 1993 fixant la liste des travaux dangereux pour lesquels un plan de prévention est établi par écrit — legifrance.gouv.fr
  • INRS — Interventions d'entreprises extérieures — inrs.fr
  • Assurance Maladie – Risques professionnels — Prévention des risques liés à la co-activité — ameli.fr

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Questions fréquentes

Quand un plan de prévention écrit est-il obligatoire ?
Dans deux cas : lorsque l'opération représente au moins 400 heures de travail sur une période inférieure ou égale à douze mois, ou lorsqu'elle comporte des travaux dangereux figurant sur la liste fixée par l'arrêté du 19 mars 1993, quelle que soit alors sa durée. En dehors de ces cas, l'analyse commune des risques d'interférence reste obligatoire pour toute opération et l'écrit demeure vivement recommandé.
Qui rédige le plan de prévention ?
Il est arrêté d'un commun accord entre l'entreprise utilisatrice et les entreprises extérieures avant le début des travaux, à l'issue de l'inspection commune préalable. L'entreprise utilisatrice en prend l'initiative et assure la coordination générale, mais chaque employeur reste responsable de ses propres salariés.
L'inspection commune préalable est-elle toujours obligatoire ?
Oui. Avant toute opération réalisée par une entreprise extérieure, l'entreprise utilisatrice organise une inspection commune des lieux, des installations et des matériels mis à disposition. Elle délimite le secteur d'intervention, matérialise les zones dangereuses, indique les voies de circulation et communique ses consignes de sécurité.
Le plan de prévention remplace-t-il le DUERP ?
Non. Le plan de prévention traite les risques d'interférence d'une opération donnée entre entreprises, tandis que le DUERP transcrit l'évaluation de l'ensemble des risques de chaque employeur pour ses propres salariés. Les deux documents sont obligatoires, distincts et complémentaires : chacun alimente la mise à jour de l'autre.
Faut-il un plan de prévention pour un intérimaire ?
Non. Le travailleur temporaire n'est pas une entreprise extérieure : il est intégré aux équipes de l'entreprise utilisatrice, qui est responsable de ses conditions de travail. Elle doit l'accueillir, l'informer des risques et lui dispenser une formation renforcée à la sécurité s'il occupe un poste à risques particuliers (art. L. 4154-2).
Que risque-t-on sans plan de prévention ?
Les deux chefs d'entreprise s'exposent à des poursuites pénales, chacun pour les manquements qui lui sont imputables. En cas d'accident d'un intervenant, la faute inexcusable de l'employeur est fréquemment retenue lorsque la coordination a été négligée, avec des conséquences financières et humaines lourdes.

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Publié le 8 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr

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