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Blog · Situations particulières

ATEX : zonage, DRPCE, matériel certifié et DUERP (2026)

Situations particulièresPublié le 8 juillet 2026· 8 min de lecture

Gaz, vapeurs, poussières combustibles : le risque d'explosion concerne bien plus d'entreprises qu'on ne le croit. Zonage ATEX, DRPCE, matériel certifié et intégration au DUERP.

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L'essentiel

Dès qu'un gaz, une vapeur ou une poussière combustible peut se mélanger à l'air en quantité dangereuse, l'employeur doit évaluer le risque d'explosion, classer les emplacements en zones ATEX (0, 1, 2 pour les gaz ; 20, 21, 22 pour les poussières), y utiliser du matériel certifié adapté et rédiger le document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE). Le tout s'articule avec le DUERP au titre de l'obligation générale d'évaluation des risques (art. L. 4121-1 et R. 4121-1 du Code du travail).

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Sommaire

  1. 1.Qu'est-ce qu'une atmosphère explosive (ATEX) ?
  2. 2.Quelles entreprises sont concernées par le risque ATEX ?
  3. 3.Que dit la réglementation ATEX ?
  4. 4.Comment fonctionne le zonage ATEX ?
  5. 5.Qu'est-ce que le DRPCE et comment s'articule-t-il avec le DUERP ?
  6. 6.Quel matériel utiliser en zone ATEX ?
  7. 7.Comment éliminer les sources d'inflammation ?
  8. 8.Comment intégrer le risque ATEX au DUERP ?
  9. 9.Par où commencer ?

Un silo de céréales, une cabine de peinture, un local de charge de chariots élévateurs, un atelier de menuiserie : autant de lieux où peut se former une atmosphère explosive (ATEX). Loin d'être réservé à la pétrochimie, le risque d'explosion concerne des milliers d'entreprises françaises, souvent sans qu'elles en aient pleinement conscience. La réglementation impose de l'évaluer, de classer les emplacements dangereux en zones ATEX et de formaliser un document dédié, le DRPCE, en articulation directe avec le DUERP.

Qu'est-ce qu'une atmosphère explosive (ATEX) ?

Une atmosphère explosive est un mélange avec l'air de substances inflammables — gaz, vapeurs, brouillards ou poussières — dans des proportions telles qu'une source d'inflammation suffit à propager la combustion à l'ensemble du mélange. L'explosion est quasi instantanée : onde de pression, flammes, projections, effondrements. Les conséquences humaines et matérielles sont parmi les plus graves de tous les risques professionnels.

Pour qu'une explosion survienne, six conditions doivent être réunies simultanément — c'est ce qu'on appelle l'hexagone de l'explosion :

  • un combustible (gaz, vapeur, brouillard ou poussière inflammable) ;
  • un comburant, en pratique l'oxygène de l'air ;
  • une source d'inflammation (étincelle, surface chaude, flamme…) ;
  • un état de mélange : combustible en suspension ou diffusé dans l'air ;
  • un certain confinement, qui permet à la pression de monter ;
  • une concentration comprise dans le domaine d'explosivité, entre la limite inférieure (LIE) et la limite supérieure (LSE) d'explosivité.

Toute la prévention consiste à faire sauter au moins un maillon de cette chaîne : empêcher la formation du mélange explosif, supprimer les sources d'inflammation, ou limiter les effets d'une explosion qui surviendrait malgré tout.

Quelles entreprises sont concernées par le risque ATEX ?

Beaucoup plus qu'on ne l'imagine. Les gaz et vapeurs inflammables concernent les activités utilisant des solvants (peinture, vernissage, dégraissage, imprimerie), les stations-service, les chaufferies au gaz, les unités de méthanisation et le traitement des eaux (biogaz), ou encore les locaux de charge de batteries, où l'électrolyse dégage de l'hydrogène. Ces situations rejoignent souvent l'évaluation du risque chimique dans le DUERP.

Les poussières combustibles sont le grand angle mort : farine des meuneries et boulangeries industrielles, sucre, céréales des silos, poussières de bois des menuiseries, poudres pharmaceutiques et cosmétiques, poussières métalliques (aluminium, magnésium) des ateliers de ponçage ou de métallisation. Une couche de poussière de quelques millimètres, mise en suspension par un courant d'air ou un premier souffle, suffit à alimenter une explosion secondaire dévastatrice.

Que dit la réglementation ATEX ?

Le cadre repose sur deux directives européennes complémentaires, couramment appelées « directives ATEX » :

  • la directive 1999/92/CE, dite « ATEX travailleurs », qui fixe les obligations de l'employeur pour protéger les salariés susceptibles d'être exposés ; elle est transposée dans le Code du travail (art. R. 4227-42 et suivants) ;
  • la directive 2014/34/UE, dite « ATEX équipements », qui encadre la conception et la mise sur le marché des appareils et systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphères explosibles.

Concrètement, l'employeur doit évaluer les risques d'explosion, empêcher la formation d'atmosphères explosives ou, à défaut, éviter leur inflammation et atténuer les effets d'une explosion, classer en zones les emplacements dangereux, signaler leurs accès, utiliser du matériel adapté, former le personnel concerné et consigner l'ensemble dans le DRPCE. Cette démarche suit la même logique que l'évaluation générale des risques professionnels : identifier, évaluer, prévenir, tracer.

Comment fonctionne le zonage ATEX ?

Le zonage consiste à classer chaque emplacement où une atmosphère explosive peut se former, selon la fréquence et la durée de sa présence. Les gaz et vapeurs relèvent des zones 0, 1 et 2 ; les poussières des zones 20, 21 et 22.

ZoneNature du combustiblePrésence de l'atmosphère explosiveExemple type
Zone 0Gaz / vapeursPermanente ou de longue duréeIntérieur d'une cuve de solvant
Zone 1Gaz / vapeursOccasionnelle en fonctionnement normalAbords d'un poste de dépotage
Zone 2Gaz / vapeursAccidentelle et de courte duréeVoisinage d'une bride susceptible de fuir
Zone 20PoussièresPermanente ou fréquenteIntérieur d'un silo ou d'un filtre
Zone 21PoussièresOccasionnelle en fonctionnement normalPoste d'ensachage de farine
Zone 22PoussièresAccidentelle et de courte duréeLocal où la poussière s'accumule en couche

Les accès aux zones sont signalés par le panneau triangulaire « EX ». Le zonage est réalisé sous la responsabilité de l'employeur, généralement avec l'appui d'un bureau d'études, du service de prévention et de santé au travail ou de son assureur, en s'appuyant sur les guides méthodologiques de l'INRS. Il se raisonne emplacement par emplacement, en cohérence avec le découpage en unités de travail du DUERP.

Qu'est-ce que le DRPCE et comment s'articule-t-il avec le DUERP ?

Le document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE) est obligatoire dès lors que des atmosphères explosives peuvent se former dans l'établissement. Il formalise l'ensemble de la démarche :

  • la détermination et l'évaluation des risques d'explosion, produit par produit et emplacement par emplacement ;
  • le classement en zones et les plans associés ;
  • les mesures de prévention et de protection prises, techniques et organisationnelles ;
  • les règles d'utilisation et de maintenance des équipements de travail ;
  • les modalités de coordination lorsque plusieurs entreprises interviennent sur le site.

Le DRPCE n'est pas un document isolé : il complète le Document Unique, auquel il est en pratique annexé, et doit être tenu à jour comme lui — révision lors de toute modification des lieux, des procédés ou des produits, selon la même logique que la mise à jour du DUERP. Un DRPCE rédigé une fois puis oublié dans une armoire ne protège personne et n'a aucune valeur en cas de contrôle ou d'accident.

Quel matériel utiliser en zone ATEX ?

Dans une zone ATEX, tout équipement — électrique ou mécanique — doit être conçu pour ne pas devenir une source d'inflammation. Le matériel certifié au titre de la directive 2014/34/UE porte un marquage spécifique : marquage CE, symbole « Ex » dans un hexagone, groupe et catégorie d'appareil, indications sur le type d'atmosphère (G pour gaz, D pour poussières).

La règle d'adéquation est simple : plus la zone est dangereuse, plus la catégorie exigée est élevée. Les appareils de catégorie 1 peuvent être utilisés en zones 0 et 20, ceux de catégorie 2 en zones 1 et 21, ceux de catégorie 3 en zones 2 et 22. Installer un aspirateur domestique dans un atelier empoussiéré ou un téléphone non certifié dans une zone gaz revient à introduire une allumette dans un baril de poudre.

Le matériel ATEX doit ensuite être maintenu et vérifié : un presse-étoupe desserré, un capot fissuré ou une réparation improvisée suffisent à ruiner le mode de protection. La maintenance en zone doit être encadrée (consignation, permis de travail) et confiée à du personnel formé.

Comment éliminer les sources d'inflammation ?

Lorsque la formation d'une atmosphère explosive ne peut pas être totalement évitée — par substitution du produit, ventilation, captage à la source ou détection de gaz —, il faut neutraliser les sources d'inflammation. La norme EN 1127-1 en recense treize familles, parmi lesquelles :

  • les flammes nues et travaux par points chauds (soudage, meulage, découpe) : à encadrer par un permis de feu systématique ;
  • les surfaces chaudes (moteurs, freins, éclairages, canalisations) ;
  • les étincelles d'origine mécanique (chocs, frottements, outils inadaptés) ;
  • le matériel électrique non certifié, y compris téléphones et lampes portatives ;
  • l'électricité statique, combattue par la mise à la terre et la liaison équipotentielle des équipements, ainsi que par des vêtements et chaussures antistatiques ;
  • la foudre et les courants vagabonds.

S'y ajoutent des mesures organisationnelles : interdiction de fumer, outils anti-étincelles, nettoyage régulier des dépôts de poussières (par aspiration, jamais par soufflage), et encadrement strict des interventions d'entreprises extérieures via le plan de prévention. Enfin, des mesures de protection dites « d'atténuation » limitent les effets d'une explosion : évents de décharge, systèmes de découpage ou de suppression d'explosion, conception résistante des équipements.

Comment intégrer le risque ATEX au DUERP ?

Le risque d'explosion s'évalue comme les autres risques, unité de travail par unité de travail, mais avec une particularité : sa gravité est presque toujours maximale (décès multiples possibles, destruction des installations). Lors de la cotation, c'est donc la probabilité d'occurrence que les mesures de prévention viennent réduire — la gravité intrinsèque, elle, ne baisse pas.

Concrètement, le DUERP mentionne les unités de travail exposées, renvoie au DRPCE et au plan de zonage, et liste les mesures retenues : substitution, ventilation, matériel certifié, permis de feu, formation du personnel appelé à travailler en zone. Attention aux situations combinées : une intervention en espace confiné (cuve, silo, fosse) cumule risque d'explosion, risque d'anoxie et difficulté de secours, et exige des précautions renforcées. De même, l'exposition simultanée aux agents chimiques dangereux doit être traitée de front.

La formation est un pilier : toute personne travaillant en zone ATEX doit être formée au risque d'explosion, aux consignes propres au site et au comportement à adopter. Cette exigence vaut aussi pour les intérimaires et les nouveaux embauchés.

Par où commencer ?

Commencez par recenser vos produits inflammables et vos poussières combustibles, puis évaluez le risque emplacement par emplacement. Dans le générateur Duerpio, l'étape « Unités de travail » propose un groupe « Situations & risques particuliers » : cochez la situation concernée (ATEX, espaces confinés, travailleur isolé, travail de nuit…) pour intégrer automatiquement ses risques pré-remplis à votre Document Unique. Générez votre DUERP en quelques minutes, puis vérifiez qu'aucune obligation ne vous échappe avec la checklist de conformité.

Sources

  • INRS — Dossier « Atmosphères explosives (ATEX) » et guides de zonage — inrs.fr
  • Code du travail — prévention des explosions (art. R. 4227-42 et suivants) et évaluation des risques (art. L. 4121-1, R. 4121-1) — code.travail.gouv.fr
  • Directives européennes 1999/92/CE (protection des travailleurs) et 2014/34/UE (équipements ATEX) — service-public.fr
  • Assurance Maladie – Risques professionnels — prévention des risques d'incendie et d'explosion — ameli.fr

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une zone ATEX ?
Une zone ATEX est un emplacement où une atmosphère explosive peut se former, classé selon la fréquence et la durée de sa présence : zones 0, 1 et 2 pour les gaz et vapeurs, zones 20, 21 et 22 pour les poussières combustibles. Plus la présence est probable, plus la zone est contraignante. Les accès sont signalés par le panneau triangulaire « EX » et le matériel qui y est utilisé doit être certifié en conséquence.
Le DRPCE est-il obligatoire ?
Oui, dès lors que des atmosphères explosives peuvent se former dans l'établissement. Le document relatif à la protection contre les explosions formalise l'évaluation du risque, le classement en zones, les mesures de prévention et les règles de coordination. Il complète le DUERP, auquel il est en pratique annexé, et doit être tenu à jour comme lui.
Quelle différence entre les directives ATEX 1999/92/CE et 2014/34/UE ?
La directive 1999/92/CE, dite « ATEX travailleurs », fixe les obligations de l'employeur : évaluation du risque, zonage, DRPCE, formation. La directive 2014/34/UE, dite « ATEX équipements », s'adresse aux fabricants et encadre la conception et le marquage des appareils destinés à être utilisés en atmosphères explosibles.
Quel matériel peut-on utiliser en zone ATEX ?
Uniquement du matériel certifié portant le marquage « Ex », d'une catégorie adaptée à la zone : catégorie 1 pour les zones 0 et 20, catégorie 2 pour les zones 1 et 21, catégorie 3 pour les zones 2 et 22. La règle vaut pour les équipements électriques comme mécaniques, y compris les téléphones et lampes portatives. Un matériel ordinaire introduit en zone constitue une source d'inflammation potentielle.
Les poussières peuvent-elles vraiment exploser ?
Oui, et c'est le risque le plus sous-estimé. Farine, sucre, céréales, poussières de bois, poudres pharmaceutiques ou métalliques forment des mélanges explosifs lorsqu'elles sont mises en suspension dans l'air. Une fine couche accumulée sur les surfaces suffit à alimenter une explosion secondaire, souvent plus destructrice que la première.
Le risque ATEX doit-il figurer dans le DUERP ?
Oui. Comme tout risque professionnel, il doit être évalué par unité de travail et transcrit dans le Document Unique, avec un renvoi au DRPCE et au plan de zonage. Sa gravité étant presque toujours maximale, les mesures de prévention visent avant tout à réduire la probabilité d'occurrence : substitution, ventilation, matériel certifié, permis de feu, formation.

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La rédaction Duerpio

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Publié le 8 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr

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