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Chutes de hauteur, poussières de silice, amiante, TMS, coactivité : le BTP concentre des risques graves. Voici un DUERP structuré par corps d'état.
Dans le bâtiment, le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) est obligatoire dès le premier salarié. Le BTP reste l'un des secteurs les plus touchés par les accidents graves et mortels, à cause des chutes de hauteur, des poussières (silice, amiante) et de la coactivité sur chantier. L'évaluation doit être menée par corps d'état et par phase de travaux.
Oui, sans condition d'effectif. L'employeur doit évaluer les risques (art. L. 4121-2 et L. 4121-3) et les transcrire dans le DUERP dès le premier salarié (art. R. 4121-1). Dans le bâtiment, l'évaluation doit tenir compte de la variabilité des chantiers et des ambiances thermiques (travail extérieur, canicule, froid). Le DUERP se coordonne avec les documents propres au chantier : PPSPS (plan particulier de sécurité et de protection de la santé), plan de prévention et, en présence de plusieurs entreprises, la mission du coordonnateur SPS. Mise à jour annuelle dès 11 salariés (art. R. 4121-2), à chaque nouveau chantier significatif, et conservation 40 ans.
L'absence de DUERP est passible d'une amende de 5e classe : 1 500 €, 3 000 € en récidive (art. R. 4741-1), sans préjudice de la responsabilité en cas d'accident.
Le bâtiment reste l'un des secteurs les plus meurtriers, avec une fréquence et une gravité des accidents nettement supérieures à la moyenne. Les maladies professionnelles y sont lourdes : lombalgies (tableau 98), affections périarticulaires (tableau 57), surdité due au bruit (tableau 42), pathologies liées à l'amiante (tableaux 30 et 30 bis) et à la silice cristalline (tableau 25). Un DUERP précis, décliné par corps d'état, est le socle d'une prévention efficace et d'une meilleure maîtrise de la coactivité sur chantier.
Chaque métier a ses expositions dominantes : le découpage en unités de travail par corps d'état donne un DUERP lisible et actionnable.
Manutention lourde (parpaings, sacs de ciment, banches), TMS et lombalgies, poussières de silice cristalline (découpe, ponçage — agent CMR), chutes de plain-pied et de hauteur, engins et circulation.
Chute de hauteur — risque n°1 (toitures, échafaudages, verrières), intempéries, manutention en hauteur, amiante sur toitures anciennes (fibrociment).
Risque électrique (contact, arc, électrisation), travail en hauteur (nacelle, échelle), postures contraignantes, poussières lors des saignées.
Brûlures et travail par point chaud (soudure, chalumeau — risque incendie), postures contraignantes, amiante sur anciennes canalisations, manutention.
Risque chimique (solvants, colles, résines, isocyanates), CMR, travail en hauteur, TMS des bras et épaules, poussières de ponçage (plomb dans le bâti ancien).
| Unité de travail | Risque | Exemples de dangers | Mesures de prévention |
|---|---|---|---|
| Couverture / charpente | Chute de hauteur | Toitures, échafaudages, trémies, verrières fragiles | Garde-corps, échafaudages conformes, filets, ligne de vie, EPI antichute (art. R. 4323-58 et s.), balisage des zones fragiles |
| Gros œuvre | Poussières de silice (CMR) | Découpe, ponçage béton, sciage | Travail à l'humide, aspiration à la source, masque FFP3, mesures d'exposition (art. R. 4412-59 et s.) |
| Tous corps d'état | Amiante | Fibrociment, colles, flocages, canalisations anciennes | Repérage avant travaux, sous-section 3/4, mode opératoire, EPI adaptés, formation amiante |
| Maçonnerie / manutention | TMS & lombalgies | Parpaings, sacs, banches, gestes répétés | Aides mécaniques (grue, chariot), conditionnement allégé, formation gestes et postures (voir TMS) |
| Électricité | Risque électrique | Contact, arc électrique, consignation | Habilitation électrique, consignation, VAT, EPI isolants, travail hors tension |
| Plomberie / couverture | Travail par point chaud | Soudure, chalumeau, étincelles | Permis de feu, extincteur à proximité, éloignement des matières inflammables, surveillance après travaux |
| Peinture / finitions | Risque chimique / CMR | Solvants, résines, isocyanates, poussières de plomb | Substitution, ventilation, masques adaptés, FDS, contrôle du plomb dans le bâti ancien (art. R. 4412-1 et s.) |
| Chantier | Bruit & vibrations | Perforateur, marteau-piqueur, meuleuse | Outils moins vibrants, protections auditives, limitation du temps d'exposition (art. R. 4431-1 et s.) |
| Chantier | Coactivité & circulation | Engins, plusieurs entreprises, zones de stockage | Plan de circulation, PPSPS, coordination SPS, port du casque et du gilet, balisage |
| Travail extérieur | Ambiance thermique | Canicule, froid, intempéries | Adaptation des horaires, points d'eau, abris, report des tâches à risque en cas d'alerte |
Appliquez les neuf principes généraux de prévention (art. L. 4121-2), en privilégiant les protections collectives (garde-corps, échafaudages, aspiration à la source) avant les EPI. Le repérage amiante avant travaux est un préalable incontournable dans l'ancien. Sur les chantiers à plusieurs entreprises, la coordination SPS et le PPSPS organisent la sécurité collective. La formation (habilitation électrique, montage d'échafaudage, gestes et postures, amiante SS4) conditionne l'efficacité du plan d'action.
Le BTP impose des formations et habilitations nombreuses : habilitation électrique, montage et vérification d'échafaudages, conduite d'engins (CACES), amiante sous-section 4, gestes et postures. Les EPI (casque, chaussures de sécurité, harnais antichute, masques FFP3) sont fournis et entretenus. Les salariés exposés aux agents CMR (silice, amiante) relèvent d'un suivi individuel renforcé par le service de prévention et de santé au travail, avec attestation d'exposition. Ces mesures traduisent concrètement le plan d'action issu du DUERP.
L'employeur reste responsable du DUERP, mais l'évaluation gagne à être conduite avec les compagnons, qui connaissent les dangers réels de chaque tâche. Le comité social et économique (CSE), lorsqu'il existe, est consulté et associé. Le service de prévention et de santé au travail (SPST) et, sur les chantiers concernés, le coordonnateur SPS, apportent leur expertise. Les résultats alimentent, dans les entreprises d'au moins 50 salariés, un programme annuel de prévention (PAPRIPACT) ; en deçà, une liste d'actions (art. L. 4121-3-1). Le document est tenu à disposition des travailleurs, du CSE, du médecin du travail et de l'inspection (art. R. 4121-4).
La cotation des risques hiérarchise les priorités : dans le BTP, la chute de hauteur et l'exposition aux CMR (silice, amiante) doivent ressortir au sommet. Le caractère mouvant des chantiers impose une actualisation régulière : chaque nouveau chantier significatif, chaque nouvelle technique ou matériel, chaque intervention en site amianté. Rappel : mise à jour au moins annuelle dès 11 salariés (art. R. 4121-2).
Structurez le document par corps d'état et par phase de travaux, en associant les compagnons qui connaissent les dangers réels. Aidez-vous de notre méthode pas à pas et d'un exemple concret. Des risques pré-remplis pour le bâtiment et l'artisanat sont disponibles sur la page DUERP bâtiment & artisanat, avant de générer votre document. Le cadre légal détaillé est présenté dans le guide de référence : DUERP, définition et obligations.
Risques pré‑remplis par métier, cotation automatique, plan d'action et rappels de mise à jour. Aperçu gratuit, sans engagement.
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La rédaction Duerpio
spécialistes de l'évaluation des risques professionnels
Mis à jour le 3 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr
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