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Colorations allergisantes, bras levés, station debout, coupures, mains mouillées : la coiffure cumule risques chimiques et posturaux. Voici le DUERP adapté.
Dans un salon de coiffure ou un institut de beauté, le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) est obligatoire dès le premier salarié, apprenti compris. Derrière une activité perçue comme peu dangereuse se cachent deux familles de risques majeures : le risque chimique (produits capillaires allergisants) et les troubles musculo-squelettiques (TMS) liés aux postures et à la station debout.
Oui, dès le premier salarié ou apprenti (art. R. 4121-1), en application de l'obligation de sécurité de l'employeur (art. L. 4121-1) et de l'obligation d'évaluer les risques (art. L. 4121-2, L. 4121-3). Le DUERP recense les risques par unité de travail en tenant compte des ambiances (chaleur des casques et sèche-cheveux, humidité des bacs). Il est mis à jour au moins une fois par an à partir de 11 salariés (art. R. 4121-2), à chaque nouveau produit ou prestation, et conservé 40 ans. Son absence expose à une amende de 5e classe : 1 500 €, 3 000 € en récidive (art. R. 4741-1).
Les métiers de la coiffure figurent parmi les plus touchés par les dermatoses professionnelles (tableau 65 des affections de mécanisme allergique) et l'asthme professionnel (tableau 66), auxquels s'ajoutent des TMS précoces (tableau 57) liés aux postures et à la station debout. Ces atteintes peuvent écourter une carrière. Évaluer et prévenir dès l'installation, en associant apprentis et salariés, protège la santé des équipes, limite l'absentéisme et pérennise l'activité du salon.
Le découpage en unités de travail met en évidence des expositions très différentes selon les postes.
Risque chimique majeur : oxydants, persulfates (décoloration), colorants, ammoniac. Effets : dermatoses de contact, eczéma des mains, asthme professionnel et rhinite. Certaines substances relèvent des mesures renforcées.
TMS des épaules, du cou et des poignets (bras levés, gestes répétés de coupe et de brushing), coupures (ciseaux, rasoirs, tondeuses), station debout prolongée.
Mains mouillées répétées et détergents : irritations et dermatoses, postures penchées contraignantes pour le dos et les épaules.
Résines et poussières (limage des ongles), cires chaudes (brûlures), produits cosmétiques allergisants, lampes UV, postures statiques du cou et des mains.
| Unité de travail | Risque | Exemples de dangers | Mesures de prévention |
|---|---|---|---|
| Technique couleur | Risque chimique / allergies | Colorations, décoloration, persulfates, ammoniac | Gants adaptés, ventilation, dosage soigné, produits moins allergisants, FDS affichées (art. R. 4412-1 et s.) |
| Bac à shampoing | Dermatoses / milieu humide | Mains mouillées, shampooings, détergents | Gants, crème barrière et séchage des mains, rotation des postes, bac ergonomique |
| Coupe / coiffage | TMS | Bras levés, brushing, gestes répétés du poignet | Ciseaux ergonomiques, tabouret assis-debout, alternance des tâches (voir prévention des TMS) |
| Coupe / rasage | Coupures | Ciseaux, rasoirs, tondeuses, lames | Rangement sécurisé, protège-lames, désinfection, formation aux gestes, trousse de premiers secours |
| Ensemble du salon | Station debout | Piétinement prolongé, troubles circulatoires, jambes lourdes | Tapis anti-fatigue, sièges assis-debout, chaussures adaptées, pauses organisées |
| Postes de séchage | Ambiance thermique & bruit | Casques chauffants, sèche-cheveux | Ventilation, entretien du matériel, limitation de l'exposition sonore prolongée |
| Esthétique / ongles | Chimique & brûlures | Résines, poussières de limage, cires chaudes | Aspiration à la source, masque, contrôle de la température des cires, gants, ventilation |
| Accueil / caisse | RPS | Cadence, clientèle exigeante, incivilités | Planning réaliste, soutien de l'encadrement, gestion des rendez-vous, procédure client difficile |
| Réserve / entretien | Électrique & chutes | Appareils électriques en milieu humide, sols mouillés | Matériel conforme, différentiels, sols antidérapants, nettoyage immédiat des projections |
Suivez les neuf principes de prévention (art. L. 4121-2) : d'abord substituer ou choisir les produits les moins allergisants, ventiler et aspirer à la source (protection collective), avant de recourir aux gants et masques (EPI). Pour les TMS, agissez sur l'ergonomie du poste (hauteur des bacs et fauteuils, sièges assis-debout, ciseaux adaptés) et l'organisation (alternance couleur/coupe/accueil, pauses). La traçabilité des expositions chimiques et l'information des apprentis complètent le dispositif.
Une vigilance particulière s'impose sur deux points. D'abord les prestations de lissage : certains produits peuvent libérer du formaldéhyde, classé cancérogène ; il faut privilégier des formulations sans formaldéhyde et une ventilation efficace du poste. Ensuite l'esthétique et la prothésie ongulaire : l'aspiration à la source lors du limage des ongles capte les poussières de résine, et le contrôle de la température des cires évite les brûlures. L'aménagement du bac à shampoing (hauteur réglable, appui lombaire) réduit les contraintes du dos et des épaules, très sollicités. Ces mesures concrètes doivent figurer nommément dans le plan d'action, avec un responsable et une échéance.
Les apprentis et salariés sont formés à la sécurité au poste avant la prise de fonction (art. L. 4141-2) : manipulation des colorations et décolorations, port des gants, gestes limitant les TMS. Les EPI (gants adaptés aux produits, tabliers) sont fournis gratuitement. Le suivi médical du service de prévention et de santé au travail (SPST) dépiste précocement dermatoses, asthme et TMS ; les salariés exposés à certaines substances allergisantes peuvent relever d'un suivi adapté. Ce dispositif prolonge le plan d'action du DUERP.
L'employeur reste responsable du DUERP, mais l'évaluation gagne à être conduite avec l'équipe du salon, qui connaît les dangers réels de chaque poste. Le comité social et économique (CSE), lorsqu'il existe, est consulté. Le SPST et le médecin du travail apportent leur expertise. Les résultats alimentent, dans les entreprises d'au moins 50 salariés, un programme annuel de prévention (PAPRIPACT) ; en deçà, une liste des actions de prévention (art. L. 4121-3-1). Le document est tenu à disposition des travailleurs, du médecin du travail et de l'inspection (art. R. 4121-4).
La cotation hiérarchise gravité et fréquence : dans un salon, l'exposition chimique répétée et les TMS ressortent en tête. La mise à jour intervient à chaque nouveau produit ou gamme, nouvelle prestation (lissage, prothésie ongulaire), réaménagement, ou arrivée d'apprentis. Une revue est aussi opportune après tout signalement de gêne cutanée ou respiratoire par un membre de l'équipe, signe d'une exposition à mieux maîtriser. Rappel : au moins une fois par an dès 11 salariés (art. R. 4121-2).
Découpez le salon en unités de travail, listez les dangers réels avec l'équipe, cotez, puis planifiez. Appuyez-vous sur notre méthode pas à pas et un exemple. Des risques pré-remplis sont proposés sur la page DUERP coiffure & esthétique, puis vous pouvez générer votre document. Pour le cadre légal complet, consultez le guide : DUERP, définition et obligations.
Risques pré‑remplis par métier, cotation automatique, plan d'action et rappels de mise à jour. Aperçu gratuit, sans engagement.
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La rédaction Duerpio
spécialistes de l'évaluation des risques professionnels
Mis à jour le 3 juillet 2026 · Sources : Code du travail, INRS, service-public.fr
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